20 janvier 2008
"Je veux savoir où naît le vent..."
Il y a encore quelques années, je n'aurais jamais cru que mon physique puisse représenter un jour un quelconque intérêt au point qu'on souhaite le mettre en scène.
Je me suis longtemps considéré comme n'ayant d'atout qu'un certain intellect et une bonne dose de culture acquise ça et là. Le corps passait au second plan avec toujours cette pointe de regret de ne pas être "assez viril" selon l'image que je me faisais alors de la chose.
Il faut dire que je ne baignais pas spécialement dans un univers où les homos occupaient une place particulièrement visible. Et quand il m'arrivait d'en croiser, ils m'apparaissaient comme beaucoup trop sophistiqués et superficiels pour que je puisse m'y reconnaître. Et puis, je n'étais attiré que par cette masculinité au naturel, bien carrée, bien plantée sur des cuisses épaisses qui remplissaient les shorts de rugby et des jeans trop serrés.
Un jour, je me suis mis à la photo. J'ai bricolé sur mon image en essayant de garder le plus de discrétion possible. J'ai jeté beaucoup de clichés, gâché beaucoup de pellicule avant que le numérique arrive à la rescousse et me facilite grandement les choses. Pourtant, de ce gâchis de base j'ai progressivement réussi à apprivoiser mon image au point d'avoir envie de l'améliorer. Le regard des autres qui avait été source de souffrances par le passé devenait, du fait d'une bieiveillance progressive et plus marquée à mon égard, une motivation supplémentaire pour aller de l'avant et bâtir ce personnage que je suis maintenant.
J'ai eu plusieurs naissances, comme presque tous les humains d'ailleurs. L'une d'elle a eu lieu le jour où je me suis retrouvé dans la façon d'être de ces gars qu'on appelle les ours et que j'ai compris que je n'étais pas isolé au milieu de gays qui -aussi sympathiques fussent-ils- ne me ressemblaient pas et me considéraient un peu comme un Ovni dans leur univers.
Tout est lié. Quand on est bien avec soi-même, on est bien avec les autres. Quand on éprouve du respect envers sa propre personne, on considère l'autre avec plus de tact. Je pense que c'est parce que j'ai inspiré des choses positives autour de moi que mon apparence a pris, elle aussi, une certaine valeur.
Je ne suis pas un athlète. Je n'ai pas été construit sur les proportions idéales des fantasmes vivants ou statufiés. Il y aurait encore beaucoup à faire pour que je leur ressemble mais cela ne servirait à rien car je n'en ai pas envie...Même si cette perfection me fascine.
La photo m'a aidé à me décomplexer et à mieux me connaître. Le contact avec les autres m'a appris à écouter, observer et expérimenter. Et c'est tout naturellement, en confiance constuite sur le temps que j'en suis venu à être modèle et à ne pas mettre de pudeur la où elle n'est pas utile. Tout montrer ne m'a posé aucun problème parce que, en somme, quand on montre tout de son corps, on ne donne rien à voir de son coeur ni de son âme...
C'est ainsi que je suis passé de l'érotisme à quelques chose de beaucoup plus pornographique en tournant quelques scènes. Par goût d'abord, il ne faut pas le nier, par intérêt artistique ensuite (j'aurais l'occasion d'en reparler) car, à mes yeux, le porno n'a de valeur que s'il représente une démarche artistique et qu'il ne se contente pas de viser l'efficacité mais aussi la recherche d'une autre forme de beauté. Pour parler cru, j'ai toujours pensé que deux beaux gars qui baisent sont aussi réjouissants pour le coeur qu'un paysage du bout du monde, un monument prodigieux ou des festivités réussies...

Van Orso par Terry El Luis
Commentaires
tres courageux
c'est assez courageux de se mettre à nu,respect....
lorsque l'artistique prends le dessus,le physique ne compte pas à mon sens,gros,maigre,petit grand....lorsque l'on est bien dans sa peau plus rien ne compte.......
bien à toi
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