03 avril 2008
La salle du coin (1)

Van Orso sous la presse
Pas très loin de chez moi se trouve une petite salle de sport que j'avais remarquée, il y a déjà quelques années en passant devant, un peu par hasard. Installée sous un gymnase plus grand utilisé par les principales équipes des associations sportives locales, je n'y aurais pas fait attention si je n'avais pas croisé un jour le chemin d'un bien beau bébé joliment bâti qui en était sorti.
De fil en aiguille, après avoir pris quelques renseignements sur la nature des activités proposées, j'avais fini par m'y inscrire en me disant qu'après le rugby la natation et diverses choses ce pourrait être agréable de soulever de la fonte.
J'ai tout de suite été étonné par l'ambiance du lieu. Très "familiale", très masculine. Des garçons venus d'horizons différents, aux gabarits eux-mêmes variés et qui se connaissaient plus ou moins. Pourtant, rien de spécialement typé gay au demeurant. Pas de gravures de mode ou de gym queens modèle Colt. Le quartier étant populaire avec pas mal de population immigrée... Loin d'une image de Marais, en somme.
En tout cas, dès le départ, je me suis vite rendu compte que le gérant des lieux me considérait avec... bienveillance on va dire. Pas de regards lourds, non, mais plutôt ceux d'un garçon qui avais compris quelle est ma nature profonde. J'en ai conclu que nous devions la partager et que, vu le lieu et la clientèle, il fallait sans doute s'y attendre.
Je ne suis pas du style à "voir des pédés partout", ce serait même plutôt l'inverse d'ailleurs mais là, quelque chose me disait que je ne me trouvais pas en territoire hostile.
Il était évident, par ailleurs, que la structure ne bénéficiait pas d'un espace optimal. Pour tout dire, je ne trouvais pas son agencement fort judicieux. Les quelques presses, bancs et autres instruments de cardio-training donnaient l'impression d'être les uns sur les autres. Sentiment renforcé par le fait que la lumière naturelle n'entrait que par une seule façade, elle-même en vis-à-vis direct avec l'entrée d'un hall d'immeuble. Des néons lançaient une lumière crue qui faisait ressembler cet espace à une semi-cave.
Au fil des semaines et des séances d'exercices, j'ai sympathisé avec Michel, le gérant qui avait été coach privé à Paris durant quelques années. Beau mec le garçon. Pas dans mes standards a priori mais qui aurait pu faire la couverture d'un Têtu où d'une revue US.
De but en blanc, une fin d'après-midi où j'accusais une baisse de régime sur mon rameur, il vint vers moi et me demanda si j'étais bear.
Les jeux sont faits, rien ne va plus! Allons bon. Sans me défiler, je repondis que oui et que je me retrouvais particulièrement sous cette appellation, même si je n'aimais pas les étiquettes d'ordinaire.
-Ca tombe bien! Fit-il avec un grand sourire. On discute ici depuis un moment et je ne t'avais jamais posé la question... Je suis un grand fan de bears.
Le premier moment d'étonnement passé, je dis à Michel avoir bien senti, dès le départ, que son accueil avait été particulièrement sympathique avec moi...
-En fait, c'est vraiment bien que tu viennes ici parce que tu vas pouvoir me donner ton avis.
Il avait une idée qui, apparemment lui trottait dans la tête depuis un moment.
-Je voudrais faire venir davantage d'ours ici, dans ma salle. Il y a quelques gays qui sont inscrits... Le bouche-à-oreilles marche bien mais les autres snobent parce que le quartier n'est pas top. Des bears ça serait à la fois sympa avec un petit côté excitant qui me plaîrait bien. Toi qui es un ours pourrais-tu m'aider?
Evidemment, la demande m'a pour le moins vissé au sol et je crois que j'ai du partir dans un grand éclat de rire. Quelle idée! En même temps, je dois bien reconnaître que le concept a titillé mes fantasmes, suffisemment pour que j'accepte.
Visiblement Michel n'avait du monde Bear qu'une connaissance assez limitée. Je crus bon de l'aiguiller sur diverses ressources du Net afin qu'il s'en fasse une idée un peu plus précise. Je ne manquai pas de lui donner les adresses de mes propres sites. De toute façon, si nous devions "travailler" ensemble, il était bon qu'il sût à qui il avait à faire. Je lui notai même sur un Post-it l'adresse de quelques extraits du dernier porno de mon copain Terry dans lequel j'avais tourné.
On verrait bien les réactions rapidement...
Commentaires
Mais est donc passé ce fichu Post It ???? :)
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