Van Orso blog

Chroniques d'un Ours pornographique

30 mai 2009

Un peu de pédagogie (1)

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Nous avons beau être au XXIème siècle dans une zone de monde où, globalement, les Droits de L'Homme servent de base à l'organisation sociale et politique, en dépit des égarements, je continue à entendre et lire des horreurs sur les individus qui ont la même "orientation sexuelle" (quel terme imagé! On se croirait en agence immobilière) que moi.

Une fois n'est pas coutume dans cet espace où je conte mes aventures, je vais y faire un peu de pédagogie en partant d'une idée simple: qu'un moteur de recherche finira toujours par orienter des yeux honteux ou tout simplement paumés vers ses lignes dont l'objectif vise simplement à faire réfléchir, bousculer les idées reçues et faire réagir. C'est déjà pas si mal.

Alors, je vais donc m'adresser à toi, directement. Toi qui est arrivé à ce niveau de la note. Peut-être es tu l'un de ces garçons qui se rend compte que l'attirance qu'il a toujours ressentie pour ceux du même sexe est de plus en plus marquée et ne peut plus se justifier par l'idée de passade ou de fin d'adolescence. Tu sais que tu ne te cherches plus puisque, dans le fond, tu as trouvé ce qui te plaît vraiment.

Peut-être es-tu ce jeune majeur, ou pas encore tout à fait (auquel cas tu ne devrais pas être ici! Mais on sait bien que les interdits parentaux sont faits pour être détournés) qui ne sait pas mettre de termes sur ce qu'il ressent par rapport à son meilleur copain... Celui avec lequel tu fais du sport, tu sors en boîte ou tu dragues les filles. Celui-là même avec qui tu as développé une étonnante proximité parfois ambigüe quand vos parfums se frôlent, vos respirations sont si proches...

Peut-être encore tu es ce rigolo, hétéro pur jus qui s'encanaille sur le Web gay pour mieux te moquer de ces "tarlouzes qui s'enculent" et faire le fier au milieu de tes potes, de vrais mecs eux, comme il se doit. Tu n'oses pas leur dire que tout celà t'intrigue. Tu n'es pas forcément attiré, non. Juste intrigué. Tu voudrais en savoir davantage sur qui fait quoi, pourquoi et comment.

Eh bien ton côté voyeur va être ici amplement servi, mais toujours avec pédagogie puisque c'est mon objectif!

Qui que tu sois donc parmi ces catégories, je ferai en sorte que tu trouves ici de quoi alimenter ta réflexion et je le ferai même en plusieurs notes. C'est te dire tout l'intérêt que je porte à ta démarche.

Commençons donc par le commencement et mettons nous d'accord sur la terminologie de base.

J'utilise plus facilement le terme de gay parce qu'il est direct et linguistiquement assez neutre. En effet, le politiquement correct voudrait qu'on utilisât le mot "homosexuel". Cependant, on remarquera qu'il induit une connotation quasi médicale qui réduit l'individu à un seul fonctionnement sexuel. Dire qu'on a des amis homosexuels équivaudrait à parler d'amis agoraphobes ou kleptomanes par exemple. Nous sommes dans le même type de vocabulaire.

A l'inverse, annoncer "pédé" est tout aussi limitatif, étant donné l'étymologie même du terme pédéraste forgé au XIXème siècle (paides= enfant et Erastos= qui aime, qui forme, amateur). Or, un gay normalement constitué n'a pas plus d'attirance sexuelle pour un enfant que n'importe quel autre hétérosexuel. Sans parler de la dérive insultante qui est associée à ce mot dans le langage straight (hétéro). Pédé étant souvent accompagné ou associé au mot enculé.

L'autre avantage du mot gay réside dans le fait qu'il a une portée internationale, compréhensible dans pas mal de langues et valable pour les deux sexes. Dans notre (mauvaise) habitude à vouloir toujours franciser les termes, nous en arrivons à créer des non-sens en écrivant par exemple: une jeune femme gaie pour dire qu'elle est lesbienne. Aussi ai-je fait le choix de toujours user du mot sous sa forme anglaise: un ou une gay, des gays.

Les gays masculins cédant à une tentation très humaine ont eux-mêmes tôt fait de se catégoriser au sein de leur communauté. D'abord par jeu -pas toujours animé par un bon esprit d'ailleurs, la moquerie étant aussi une arme- puis par nécessité. Le regard de la société étant parfaitement réducteur, il a fallu affirmer quelques nuances de taille. La première tournant autour des "manières". Tous les gays ne marchent pas comme sur un podium et ne ponctuent pas leur propos de gestes pleins de grâce. De la même façon, tous ne sont pas à la pointe de la mode ou de la sophistication urbaine, tous n'habitent pas "seuls avec Maman/ Dans un très vieil appartement/ Rue Sarasate..."(Ch. Aznavour)

Pour faire simple on dira que c'est aux Etats-Unis, à la fin des années 1970 qu'est né le groupe auquel j'appartiens et qui porte le nom de bears, ours en anglais. Avec la longueur d'avance qui les caractérise -dans le meilleur coimme dans les pire- et dans le contexte communautariste de leur société, les américains ont proposé cette alternative qui nous manquait: être gay tout en restant naturel et en ne cherchant pas à affadir la virilité mais plutôt la vivre sans complexe et la mettre en avant.

La pilosité en est le premier symbole. Ainsi, si vous cherchez une peu dans la production X US "vintage" des années pré-Sida, vous verrez que le mâle est souvent moustachu et poilu. Code qui, par ailleurs, correspondait parfaitement à la mode du moment.

Bref, le zazou tiré à quatre épingle avait désormais un concurrent. En Europe et en France en particulier, il faudra attendre les années 90 pour que le modèle Bear s'installe après être toutefois passé par le filtre du sportif viril et résolument masculin.

Aujourd'hui, si la diversité dans le monde gay est mise en avant par les associations, les courants plus politiques (l'épidémie du Sida ayant rappellé à toutes les personnes douées d'un minimum d'intelligence que le virus, lui, ne fait pas de distingo), elle est loin d'être acceptées sur le terrain. L'ours est à la mode mais pas tant pour l'esprit qu'il devrait avoir -liberté, convivialité, bonhommie- que pour l'image du mâle naturel qu'il véhicule. On veut son "nounours" mais on continue à ne jurer que par l'athlète qui fait la couverture d'un magazine comme Têtu ou les corps sculpturaux des rugbymen du Stade français...

Si la devise de l'Union européenne est "Unis dans la diversité", c'est encore loin d'être le cas dans la communauté gay. Cela constitue sans doute l'une de nos principales limites et donc l'un de nos points faibles face à l'obscurantisme et aux attaques.

Suite au prochain numéro.

Posté par QB_VO à 12:45 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

boum !

Je m'attendais peut-être vainement à une réponse, en espérant que quelque chose de "pédagogique" puisse en sortir, que ce soit pour moi-même, pour les lecteurs de ce blog, ou pour son auteur, mais certainement pas à une censure un peu consternante.

Dommage.

Posté par Arthur, 06 novembre 2009 à 12:44

Seul maître à bord

Message destiné à Arthur. Ton message est resté en ligne plusieurs jours (au moins deux), par choix, justement pour donner à mes "habitués" le loisir de le lire et, éventuellement, de le commenter (ce qui n'a pas été fait). Comme ce site n'a pas vocation à être une tribune où se débattent de grandes questions existentielles (pour cela il y en a un autre qu'avec un peu de perspicacité tu trouveras) mais plutôt l'interface égrillarde où Van Orso livre ses aventures (réelles ou rêvées, cela fait partie du jeu!), j'ai jugé bon que ton message n'apparaisse plus.J'ai profité d'une séance "ménage" dans la base de données pour en supprimer d'autres d'ailleurs... Et des flatteurs! Ai-je raison ou tort? Peu importe dans le fond, dans la mesure où ici, je demeure le seul maître à bord.
Par ailleurs, si j'ai lu ton message avec intérêt, il ne m'a pas vraiment fait réagir au sens où, précisément, il était hors du cadre du site d'une part et, d'autre part, où je n'ai pas trop saisi la motivation de ton propos. Je ne demande pas aux lecteurs qui me font l'amabilité de leur passage par ici d'être d'accord avec moi. S'ils le sont c'est parfait, sinon... Van Orso s'en tape :-) Sur ce, bonne continuation à toi et si tu souhaites entamer un vrai dialogue constructif, je t'engage à le faire avec un peu plus d'humilité et un ton un peu moins péremptoire. Car on peut très bien adorer montrer son cul et être homme de lettres sensible à la tournure des phrases.

Posté par Van Orso, 07 novembre 2009 à 19:16

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